BOUENZA

LA BOUENZA EN BREF

Localisation : dans le sud du Congo
Limites administratives : la Lékoumou au nord, le Niari à l’ouest, le Pool à l’est et la RDC au sud.
Superficie : 12 265 km2, environ 3% de la superficie du pays
Population : 389 432 habitants (estimation 2013)
Chef-lieu : Madingou
Districts : Madingou, Boko-Songho, Kayes, Kingoué, Loudima, Mabombo, Mfouati, Mouyondzi, Tsiaki, Yamba.

LE PLUS PETIT DÉPARTEMENT DU PAYS

Le plus petit département du Congo en termes de superficie, mais l’un des plus densément peuplés et urbanisés, est situé dans le sud du Congo. La Bouenza, dont la forme ressemble à un croissant, assure la transition entre la capitale, Brazzaville, et Pointe-Noire, le port maritime et la capitale économique du pays. Son territoire, occupé au centre par la vallée du Niari, dont les sols sur terrains calcaires sont parmi les plus propices à l’agriculture, se relève en douceur vers le nord, à l’approche des plateaux de Mouyondzi, de Tsiaki et de Kingoué. En revanche, dans le sud, du côté de la dorsale de Mfouati et de Boko-Songho dont la ligne de crête constitue la frontière avec la RDC, les pentes sont plus raides.

SAVANES HERBACÉE ET FORÊTS

Le climat de la Bouenza se caractérise par une saison sèche assez prononcée. Les températures moyennes annuelles varient de 21 à 27° C, avec des écarts de 4 à 5°C et de 6 à 11°C le jour, selon la saison. La végétation dominante est la savane herbacée pouvant atteindre 2 à 3 mètres. Sur les contreforts du Chaillu, dans le nord du département, les forêts galeries occupent le fond des vallées tandis que les versants sont recouverts par endroits de lambeaux de forêts. Deux cours d’eau traversent le département : la Bouenza, qui lui a donné son nom, et le Niari.

PRÉDOMINANCES DES POPULATIONS KONGOS

La Bouenza est peuplée de sous-groupes Kongos, dont les Dondo (plateau des Cataractes), les Kamba (district de Mfouati), les Nsundi et les Bembé (Mouyondzi). L’implantation, dès l’école coloniale, de grandes fermes agropastorales, d’un institut de recherche agronomique (Loudima) et de sites agro-industriels dans la région ont favorisé l’établissement de populations originaires d’autres départements du Congo et même de pays étrangers, en particulier de la RD Congo voisine.

Plus récemment de nouvelles vagues d’étrangers se sont installées dans la Bouenza à la faveur de l’essor des secteurs minier (prospection de cuivre, or et diamants), industriel (cimenteries) et agricole.

MANIOC, CANNE A SUCRE, ÉLEVAGE ET CIMENT

Surnommé le grenier du Congo, le département de la Bouenza a une longue tradition agro-pastorale, dont l’essor a été favorisé par l’implantation ancienne de l’Institut de recherche agronomique de Loudima. Les principales denrées vivrières cultivées sont le manioc et l’arachide, et les cultures agro-industrielles sont la canne à sucre, le soja et le maïs.

Longtemps très développé dans le département, l’élevage bovin est en cours de relance. L’exploitation forestière est principalement réalisée dans le nord du département. L’agro-industrie (production de sucre) est implantée à Nkayi. La présence de gisements de calcaire dans la région a permis l’installation de deux cimenteries (Loutété et Mfila). Les zones de Mfouati Yamba et Boko-Songho sont riches en cuivre, or et polymétaux.

UN GRAND AXE DE COMMUNICATION

La Bouenza est un des rares départements du Congo équipé de trois types d’infrastructures de transport : la route, le rail et l’aéroportuaire. D’est en ouest, la Bouenza est traversée par le Chemin de fer Congo-Océan, et la RN1, entièrement bitumée, qui relient, tous deux, Brazzaville à Pointe-Noire.

Dans le sens nord-sud, plusieurs axes routiers se déploient perpendiculairement à la RN1 et au CFCO : Bouansa-Mouyondzi (bitumé), Madingou-Boko-Songho (non bitumé), Loudima-Sibiti (bitumé) et Loutété-Mfouati. La piste de l’aérodrome de Nkayi est en cours d’extension. Il n’existe aucun port fluvial d’envergure. L’alimentation en électricité est assurée par le barrage hydro-électrique de Moukoukoulou, localisé dans le district de Mouyondzi, et dont la capacité est de 74 MW.

LE POTENTIEL DU TOURISME RURAL ET CULTUREL

En matière de tourisme, la Bouenza peut miser sur le tourisme rural et de découverte ainsi que l’agro-tourisme. Outre la visite de villages, qui sera l’occasion de découvrir les modes de vie, les traditions culturelles des populations locales ainsi que les produits du terroir, de belles randonnées pédestres ou en 4x4 sont possibles. La région abrite quelques sites naturels dont les grottes de Nkila-Ntari, entre Bouansa et Mouyondzi, et de Ntadi-Yamba, à proximité du département du Pool. À voir également le « Trou du Gendarme » (cirque rocheux), les chutes de la rivière Bouenza, le barrage hydroélectrique à Moukoukoulou et le village de Kimpambou-Kayes, célèbre pour être le fief de la famille de Djo Balard, le roi de la Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes).

Une halte s’impose au Centre de Recherches Agronomiques de Loudima (CRAL). Non loin, l’Institut de formation technique et professionnelle de Loudima (Ex-Swapo) rappellera que le Congo a abrité des militants namibiens de la Swapo (Organisation du peuple du sud-ouest africain), pendant la guerre de libération de la Namibie contre l’Afrique du Sud. Enfin, les petites gares du CFCO sont autant de cités dont l’activité dépend en grande partie du chemin de fer et de la route. Et qui racontent la terrible épopée de la construction du CFCO que le journaliste Albert Londres a décrit dans son ouvrage Terre d’ébène. Un arrêt à Nkayi, la ville du sucre, sera l’occasion de découvrir les grandes plantations de canne à sucre du pays.

ACCÈS

À 80 km à l’est de Pointe-Noire et à 248 km à l’ouest de Brazzaville par la RN 1 bitumée. Aéroport à Nkayi.