CUVETTE-OUEST

CUVETTE-OUEST EN BREF

Localisation : dans le nord-ouest du Congo, à cheval sur l’équateur avec environ 2/10 de son territoire situés dans l’hémisphère nord Limites administratives : la Sangha au nord, le Gabon à l’ouest, la Cuvette à l’est, les Plateaux au sud.
Superficie : 26 000 km2, soit 7% de la superficie du pays
Population : 73 011 habitants (estimation 2013)
Chef-lieu : Ewo
Districts : Ewo, Etoumbi, Kellé, MBama, MBomo et Okoyo.

UN RELIEF ONDULÉ

Située dans l’ouest du Congo et frontalière avec le Gabon, la Cuvette Ouest est un département récent, créé en 1995. Contrairement à ce qu’indique son nom, son relief est plutôt ondulé. Il s’intègre davantage à la ceinture des plateaux qu’à celle du Bassin de la Cuvette. Le point culminant est le mont Amaya (700 mètres).

Le climat est de type équatorial au nord et tropical humide au sud. Les variations saisonnières sont à peine sensibles. Les amplitudes thermiques sont très faibles avec des températures tournant autour de 24 à 25°C. La saison sèche ne supprime pas totalement les précipitations, dont la moyenne annuelle dépasse les 1800 mm.

RIVIERE, FORÊT, DENSE ET SAVANES

Bordé au nord par la rivière Mambili qui le sépare de la Sangha, le département est traversé d’ouest en est par la Likouala-Mossaka, qui reçoit la Ngoko et la Vouma, et par le Kouyou dont les affluents sont la Lébango, la Lékona et la Lékoli. Ces rivières ne connaissent pas de grands étiages, à cause de la réduction de la durée de la saison sèche.

La Cuvette Ouest est couverte de forêts denses dans sa partie nord et de savanes arbustives et arborées ainsi que des forêts-galeries le long des cours d’eau dans sa partie sud.

MBETIS, KOTAS, TEKES ET LES AUTRES

La Cuvette Ouest est le territoire traditionnel de plusieurs communautés : les Mbérés (districts de Kellé-Etoumbi et Mbama, et une partie de Mbomo et d’Ewo), les Mbétis (Kellé, Etoumbi, Mbama), présents aussi dans le Haut-Ogooué au Gabon, les Ngarés (Mbomo et Etoumbi), qui sont aussi représentés dans la Cuvette, les Mbokos (Etoumbi), les Kotas (Mbomo et Kellé) et les Tékés (une partie d’Ewo et Okoyo), présents dans d’autres départements du Congo, notamment dans les Plateaux.

À l’époque coloniale, la culture du palmier à huile a amené dans la région d’autres populations du Congo et des ressortissants de l’actuel Gabon. Quelques étrangers, non Africains, se sont aussi établis dans le département à la faveur de l’exploitation forestière et de la recherche minière.

DÉSENCLAVEMENT

Autrefois très enclavé, le département est désormais connecté au reste du pays, notamment à la Cuvette, par la route bitumée qui relie Makoua à Etoumbi et celle d’Ewo à Boundji en cours de bitumage. L’alimentation en électricité d’Ewo et d’Okoyo, encore irrégulière, sera améliorée avec le prochain raccordement du département au poste de transformation THT de Boundji, connecté à la centrale hydro-électrique d’Imboulou. La capacité hôtelière du département est très faible et concentrée à Ewo et Okoyo.

ÉCOTOURISME, LE PRODUIT PHARE

Le département de la Cuvette Ouest se prête à l’écotourisme qui reste un de ses produits touristiques phares avec le parc national d’Odzala-Kokoua, dont la porte d’entrée se situe dans le district de Mbomo, et avec le sanctuaire de Lossi, qui abrite principalement des gorilles.

En se rendant au parc, le visiteur peut faire une halte à Etoumbi. En 1890, ce village devient un centre du palmier à huile quand s’y installe la Compagnie Française du Haut-Congo. En 1965, la Compagnie Française du Haut-Congo est remplacée par la Régie Nationale des Palmeraies du Congo. En 1989, l’usine est fermée. Ses actifs ont été repris au début des années 2000 par une société congolaise.

La visite du parc sera l’occasion pour le touriste de découvrir la richesse culturelle et artistique des peuples de la Cuvette Ouest. Ces derniers sont célèbres pour leurs statuettes rituelles et leurs masques en bois et leurs sociétés initiatiques. Les Kota sont connus pour leur art funéraire (reliquaires) et les Tékés pour leurs masques ronds et ornés de dessins géométriques. Le Ndjobi est une société initiatique commune aux groupes ethniques Bambamba, Mbéti, Nzabi, Obamba, Téké et Wandji qui résident dans les départements de la Cuvette, de la Lékoumou et du Niari au Congo et la province du Haut-Ogooué au Gabon.

MANIOC, PÊCHE ET PALMIER A HUILE

L’agriculture (sur brûlis en zone forestière) fournit l’essentiel des aliments de base (manioc, taro, maïs, oseille, piment, aubergine, etc.) auxquels s’ajoutent les activités de collecte (chenilles, miel et fruits), de pêche et de pisciculture et de chasse qui procurent les protéines animales. La culture du palmier à huile, qui faisait autrefois la richesse de la ville d’Etoumbi, a été relancée dans le district d’Etoumbi.

Le domaine forestier de la Cuvette Ouest couvre une superficie de 1,9 million d’hectares, répartie en Unités forestières d’aménagement (UFA) et en aires protégées dont le parc national d’Odzala-Kokoua qui couvre une partie de la Cuvette Ouest.

L’exploitation forestière est réalisée par une société chinoise, qui a obtenu l’UFA Mbomo Kellé. L’entreprise, qui possède une scierie, fait de la première transformation.

Le sous-sol du département renferme divers minerais et métaux précieux, dont du fer, de l’or, du cuivre, des diamants et du manganèse. Plusieurs permis de recherche ont été accordés à des sociétés, mais aucun. Quelques orpailleurs opèrent dans le district de Kéllé.

Le département entretient un courant d’échanges important, avec le Gabon voisin, qui a été redynamisé. Il est envisagé la construction d’un grand marché transfrontalier.

ACCÈS A EWO

à 515 km de Brazzaville par la RN 2 bitumée jusqu’à Obouya (Cuvette), puis par la route Obouya-Boundji-Ewo, bitumée jusqu’à Boundji. Aéroport à Ewo (pour aéronefs). Ports à Etoumbi (Likouala-Mossaka), Ewo (Kouyou) et Lékéty (Alima).