KINKALA / LINZOLA

Pour se rendre à Kinkala, le chef-lieu du Pool, on quitte la capitale congolaise par la RN1. Une halte au village de Yaka-Yaka s’impose. Ce dernier fut jadis le repaire des « Très-Fâchés ». Ce groupe de danseurs déguisés en vieillards et de musiciens était très en vogue dans tout le Congo et personne ne les a oubliés. Au carrefour de Nganga Lingolo (km 11), une route à gauche en direction du fleuve permet d’atteindre, quelque trois à quatre kilomètres plus au sud, Linzolo.

LINZOLO UNE DES PREMIÈRE MISSIONS AU CONGO

La mission de Linzolo est l’une des plus anciennes du Congo. Elle fut fondée par le Père Prosper Augouard (1852-1921) le 22 janvier 1884, quatre ans après la création par l’explorateur français Savorgnan de Brazza, au bord du Stanley Pool (actuel Pool Malebo), de la station française de Mfoa, qui deviendra Brazzaville. Accompagné des Pères Paris et Krafft, du frère Savinien et d’une dizaine de porteurs loangos, Prosper Augouard avait d’abord établi un campement de fortune avant d’aller négocier l’acquisition des terrains de la future Mission avec les chefs locaux Ngandziamo et Mubimunu Kahunga. Après de longues palabres, l’affaire fut réglée. Parachevant cet accord, un traité de paix fut également conclu avec toutes les autorités coutumières du Pool, qui enterreront symboliquement leurs armes sur la place centrale de la Mission, le 25 février 1885. Quelques jours après, les travaux de la première chapelle débutaient. Hélas, l’église fut détruite par un incendie et il n’en reste que de rares vestiges.

En 1983, un nouvel édifice religieux a été construit à la Mission, qui contient d’intéressants panneaux de bois sculptés de scènes religieuses. Le site de la Mission est magnifique. Père de la congrégation du Saint-Esprit, Prosper Augouard alla s’installer à Brazzaville où il créa un diocèse après avoir été nommé vicaire apostolique de l’Oubangui et sacré évêque en 1890.

LES CHUTES DE LA LOUFOULAKARI

De Linzolo, la route conduit à Mbanza Ndounga (km 53), puis à Kimpanzou (km 63). De là, une piste mène aux célèbres chutes de Loufoulakari. Dévalant de larges dalles de grès, ces cataractes coupent l’estuaire de la Loufoulakari, qui se jette dans le fleuve Congo alors très encaissé.

KINKALA, LE CHEF-LIEU

De retour à Nganga-Longolo, le visiteur poursuivra sa route jusqu’à Kinkala, le chef-lieu du département du Pool. Le poste administratif de Kinkala fut créé en 1911. La toponymie révèle son appartenance au domaine téké. La rivière N’Gabanzoko (rivière des éléphants) qui arrose l’agglomération et de nombreux villages des environs portent en effet des noms téké, bien que la région soit aujourd’hui dans la zone lari. Bâti sur une colline couverte d’arbres, Kinkala est la ville natale d’André Grenard Matsoua (1899-1942), homme politique congolais emprisonné à plusieurs reprises par la puissance coloniale française en raison de son action en faveur de l’Indépendance.

On peut voir sa statue érigée à l’entrée de la cité. Après sa mort survenue en prison en 1942, ses fidèles lui vouèrent un culte au sein d’un mouvement religieux toujours actif aujourd’hui, le Matsouanisme. Le chef-lieu du Pool, qui fut très endommagé par les conflits des années 90, a été réhabilité et équipé en infrastructures de base lors du programme de municipalisation accélérée, engagé dans le département en 2012.

À partir de Kinkala, on peut se rendre à Boko, située plus au sud, par une route goudronnée. Ce sera l’occasion pour le visiteur de découvrir une région agricole, célèbre aussi pour son verger, dont les fruits sont très prisés à Brazzaville. De la petite cité, on peut prendre la piste menant aux chutes de la Louvoubi, à Bela. Le spectacle y est magnifique.

ACCÈS A KINKALA

À 75 km au sud de Brazzaville, par la RN 2 bitumée.