DISTRICT DE LOANGO

LOANGO/DIOSSO

Le chef-lieu de Loango est aussi la capitale du royaume de Loango, autrefois vassal du royaume du Kongo dont il s’est détaché pour devenir indépendant à la fin du XVIè siècle.

LE ROYAUME DE LOANGO

C’est dans la baie de Loango que débarqua en 1482 le navigateur portugais Diego Cão. Il fut le premier Européen à fouler le sol d’Afrique Centrale et à atteindre l’estuaire du fleuve Congo. En 1488, Bartolomeu Dias descendit les côtes d’Afrique jusqu’au Cap des Tempêtes (Cap de Bonne-Espérance) et Vasco de Gama ouvrit la route maritime des Indes en 1498, toujours en contournant l’Afrique.

Allant aux Indes ou en revenant, les Portugais prirent l’habitude de relâcher dans la baie de Loango et de commercer avec les rois vilis, vassaux du puissant royaume de Kongo.

LE COMMERCE DES ESCLAVES

Dès le XVIe siècle, Les Portugais se livrèrent à la traite des esclaves, qu’ils envoyaient travailler dans leurs plantations du Brésil. Ce sinistre commerce du « bois d’ébène », pratiqué dans toute l’Afrique Noire par diverses nations européennes, devint une des grandes richesses des rois de Loango (ma-loango). Venus de l’intérieur du Congo par la piste des caravanes qui reliait le Stanley Pool à Loango, les esclaves embarquaient dans cette baie pour les Amériques.

LE MUSÉE DE LOANGO

De l’histoire des royaumes de Loango, il reste peu de vestiges, à l’exception de l’ancien palais royal de Diosso, transformé en musée. Près de ce petit village traditionnel, autrefois capitale du royaume sous le nom de Bwali, on découvre une longue bâtisse en dur à un seul niveau, construite en 1954. Elle servit de résidence à Moe Poaty III, l’un des derniers rois avilis ; intronisé à Bwali-Diosso le 18 mars 1931, celui-ci mourut le 3 mai 1975.

Dans cette demeure ont été rassemblés les effets personnels des rois disparus ainsi que des documents historiques et de très nombreux objets artisanaux des peuples du Congo. Ainsi ce palais cumule la double fonction de musée d’histoire et d’ethnologie.

LE FASTE DE ROAYL

Dès qu’il était intronisé, le souverain était vénéré comme une divinité. Il lui était interdit de paraître fréquemment en public ; aussi, lorsqu’il le faisait, était-ce en grand apparat, notamment lors de la réception de personnalités étrangères, de la chasse au léopard, animal sacré, et du labour rituel du champ royal. Coiffé d’un bonnet en forme de mitre et tenant un énorme sceptre, le roi était juché en haut d’un trône immense recouvert d’un tapis. De chaque côté étaient disposées des corbeilles pleines de philtres magiques. Toute la cour était assise en tailleur sur le tapis, tandis que les musiciens de l’orchestre royal sonnaient de la trompe et frappaient des tambours et de grandes cloches.

Le roi n’était intronisé qu’après sept années de règne, durant lesquelles il devait fournir les preuves de ses hautes vertus morales, physiques et spirituelles. Au terme de cette période, il effectuait un « Voyage du Couronnement » dans les sept provinces dont il visitait les principaux sanctuaires, notamment Moanda, dans l’actuelle RD Congo, où le conseil des anciens lui remettait son sceptre. Pendant tout son périple, qui pouvait durer plusieurs mois, une vierge partageait sa couche ; mais il ne devait la toucher en aucun cas, montrant de la sorte sa force de caractère.

À son retour, il devait encore démontrer sa force physique et son agilité en faisant le tour de la petite forêt de Tchibila à cloche-pied et en grimpant à un des plus hauts palmiers en s’aidant des deux bras et d’une seule jambe ! C’est alors qu’on pouvait procéder aux fastueuses cérémonies du couronnement.

LE TRAITE DE 1883

On y verra, entre autres, une copie du traité de 1883 signé par le roi Mani Makosso Tchisousso avec un officier français, le lieutenant de vaisseau Cordier, envoyé par Savorgnan de Brazza, traité qui plaçait le royaume de Loango sous le protectorat de la France.

Accroché au mur de l’une des pièces, le drapeau royal est orné d’une main et de sept étoiles. On sera surpris par la modestie du mobilier et des vêtements de Moe Poaty III mais le royaume était déjà en décadence plus d’un siècle auparavant. Il ne connaissait donc plus le faste de la cour royale décrit par les voyageurs européens.

UNE DES PREMIÈRES MISSIONS

À Loango, existe toujours la mission catholique dont on a fêté le centenaire en 1983. Une pittoresque chapelle en bois, détruite, a été remplacée en 1978 par une nouvelle, construite en dur. On voit aussi les tombes des premiers missionnaires français.

LES GORGES DE DIOSSO

Tout près de Loango, se trouvent les gorges de Diosso. Véritable Colorado en miniature, ces gorges sont une des plus belles curiosités naturelles du Congo. Dans cette plaine de la côte Atlantique, les pluies ont creusé de grands cirques dans la latérite friable et le résultat est splendide. Au sein de ces gouffres qu’envahit une folle végétation d’un vert sombre montent de grandes murailles dentelées d’un rouge flamboyant. Avec un peu d’imagination, on se croirait devant les ruines de quelque antique cité fortifiée.

ACCES A LOANGO

À quelque 30 km au nord de Pointe-Noire par une route bitumée.