MOSSAKA

Logé au bord du fleuve Congo, Mossaka est depuis des temps reculés, un carrefour commercial et une grande zone de pêche et de transformation du poisson. À Mossaka, on associe en effet, le fameux poisson fumé, le moukalou, fruit d’un savoir-faire acquis depuis la nuit des temps et qui se transmet de génération en génération.

LA VIE TOURNE AU TOUR DU FLEUVE

Les amateurs de sensations fortes, qui souhaitent parcourir des centaines de kilomètres à bord d’un 4x4 depuis Owando, Oyo ou Tchikapika, pour se rendre à Mossaka, peuvent d’ores et déjà enterrer leur rêve : il n’y a ni pistes sableuses, ni routes bitumées pour aller dans cette ville portuaire centenaire. On n’accède à Mossaka que par voie fluviale.

La vie de ce port fluvial, que certains surnomment affectueusement « Venise du Nord », tourne autour du fleuve Congo et quelques-uns de ses affluents. On peut atteindre Mossaka au départ de Tchikapika dans un hors bord réunissant toutes les conditions de sécurité. Le voyage dure autour de 3 heures 30 si le pinassier a du métier et si les conditions météo s’y prêtent bien. Les sinuosités décrites par l’Alima, navigable en toutes saisons, qui se jette dans le fleuve vers le village de Kounda, sont d’une beauté prodigieuse.

Les bateaux chargés de marchandises qui remontent jusqu’à Impfondo, en empruntant alors l’Oubangui, et ceux qui, en aval, se rendent à Brazzaville accostent dans le port de Mossaka. Le spectacle autour de la zone portuaire est impressionnant. Le défilé de pirogues de petite taille parfois barrées par des femmes d’un certain âge et transportant poissons frais et divers produits vivriers, se poursuit jusqu’à la tombée de la nuit.

La ville a ses charmes, même si l’éclairage public fait défaut. La vie nocturne est animée : des bars accueillent des jeunes qui boivent whisky et bières locales. Des groupes électrogènes sont mis en service pour éclairer les lieux.

EN PROIE A DES CRUS

Le petit poste de Mossaka doit sa création en 1912 à M. Colombe, de nationalité française. Les frères Tréchot, qui possèdaient une grande société concessionnaire, contribuèrent largement au développement de cette cité. La maison où vécurent les frères tréchot est encore visible au bout de l’avenue Marien Ngouabi, la principale artère de Mossaka. Elle se démarque des constructions du voisinage par son architecture de style colonial.

Mossaka, en proie à des crues annuelles aux conséquences parfois dévastatrices (comme celles de 1982 qui l’ont inondée et provoqué d’importants dégâts matériels), a érigé des digues pour se prémunir contre de telles catastrophes naturelles.

UN SAVOIR-FAIRE ANCESTRALE

La principale richesse de Mossaka est le poisson fumé. Mossaka pêche et transforme le poissons du fleuve avant tout pour la capitale, Brazzaville, qui absorbe 70 % de sa production. Le reste est destiné notamment à Owando, à la République Démocratique du Congo et à la République Centrafricaine. Néanmoins, la production de Mossaka ne couvre pas tous les besoins du marché national : les importations de poissons comblent ce déficit.

Le visiteur étranger se rendant dans les campements vivrait une expérience unique s’il accompagne un pêcheur de Mossaka et le voit à l’œuvre. La gestuelle du pêcheur en équilibre instable au fond de sa pirogue, lançant son filet en épervier et maîtrisant à la perfection son art, etc. Ce sont des souvenirs inoubliables. L’acheteur potentiel qui déciderait de faire le tour de quelques campements pourrait y examiner plusieurs gros poissons pour en choisir un qu’il apportera en pirogue au marché le plus proche.

LE PORT

L’une des grandes attractions de Mossaka est son port, notamment son port de pêche. Sur plus d’un kilomètre, s’étalent des centaines de pirogues. Sur la terre ferme, à même le sable, on peut voir les étals des femmes commerçantes qui proposent du poisson bien entendu, mais aussi des produits manufacturés. Une visite au marché permettra de constater la variété des produits vivriers proposés qui viennent de la RD Congo, mais aussi de Oyo et de Liranga,

ACCÈS A MOSSAKA

Par bateau sur la rivière Alima, au départ de Tchikapika ou d’Oyo, puis sur le fleuve Congo. Le voyage dure environ 3 heures 30 minutes à bord d’un bateau hors bord offrant toutes les garanties de sécurité.