M'BIROU

M'BIROU (DEPARTEMENT DE LA SANGHA)

Petit village de pêcheurs Bomoualis, logé au bord de la rivière Sangha, à une dizaine de kilomètres au sud de Ouesso, le chef-lieu de la Sangha, le village de M’Birou a été le théâtre le 22 août 1914 de combats entre soldats français et allemands, qui se sont soldés par la défaite des Français.
Suite à l’accord franco-allemand du 4 novembre 1911, les Allemande, qui occupaient le Cameroun voisin, avaient obtenu l’accès au fleuve Congo, en échange de la liberté d’action de la France au Maroc. Ils contrôlaient ainsi une grande partie du territoire de l’actuel département de la Sangha dont les districts de Sembé et Souanké et la vallée de la Sangha jusqu'au fleuve Congo.

Autant de régions soustraites au territoire du Moyen Congo, que les Français vont chercher à récupérer. La première guerre mondiale va donner l’occasion aux uns et aux autres de reprendre ou de conquérir de nouveaux territoires en Afrique. Au prix de combats féroces, auxquels prendront part les « tirailleurs indigènes ».
C’est dans le cadre de ce conflit transporté en terre africaine, qu’officiers et hommes de troupes de l’Infanterie coloniale française fêtent à M’Birou, en ce début août 1914, avec force victuailles, alcools et chants patriotiques, les victoires qu’ils ont remportées sur les Allemands dans la basse Sangha. Ils célèbrent notamment la reprise du poste allemand de Bonga. Et celle du poste de Picounda, sis en amont, sur la rivière Sangha.

Grisés par leurs succès, les Français baissent la garde, rabrouant à plusieurs reprises, d’un « je m’en fous » agacé, une expression qui est restée célèbre dans la région, leurs serviteurs congolais qui tentent, en vain, de leur signaler l’arrivée d’un bateau qui ramène de Picounda et d’Ikalanda, des soldats allemands. Ces derniers ont pour mission de reprendre le poste de M’Birou. Conduite à la fois par terre et par eau, l’attaque est rapide et vigoureuse. Surpris, les Français n’ont pas le temps de réagir et les Allemands occupent ainsi sans coup férir le poste de M’Birou. Bilan : dix-sept morts côté français et un seul rescapé qui réussit à s’enfuir à Ouesso. En 1915, une stèle à leur mémoire a été érigée sur le lieu même où les soldats sont tombés.

En août 2015, une délégation officielle de Congolais, de Français et d’Allemands s’est rendue à M’Birou pour commémorer l’événement dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale. À cette occasion, la stèle a été restaurée. Bernard Zoniaba (1929-2001), ancien ministre, a immortalisé l’histoire de M’Birou dans son célèbre roman Le Rescapé de Mbirou, publié en Roumanie en 1966 et réédité en 2014.

ACCÈS A M'BIROU

Depuis Ouesso (bac sur la rivière Sangha puis piste jusqu’à M’Birou). Depuis Pokola, par la piste.